Un rapport de l’UNESCO révèle des niveaux élevés de violence et de harcèlement à l’école

08 Octobre 2018

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O’Driscoll Imaging/Shutterstock.com

La violence et le harcèlement sont répandus dans de nombreuses écoles à travers le monde, s’agissant le plus souvent de harcèlement physique et sexuel. Leur particularité tient au fait que ce sont les enfants et les jeunes qui en sont la cible privilégiée. Telles sont les principales conclusions du rapport de synthèse intitulé School violence and bullying: Global status and trends, drivers and consequences, qui a été publié par l'UNESCO lors d’un événement parallèle de l’Assemblée générale des Nations Unies organisé par la Représentante spéciale du Secrétaire Général sur la violence à l’encontre des enfants, Protéger les enfants contre le harcèlement et le cyber-harcèlement, le lundi 8 octobre 2018.

Ce rapport arrive dans le sillage des informations publiées par l'Institut de statistique de l’UNESCO (ISU) qui révèlent qu’un adolescent sur trois à travers le monde fait l’objet de harcèlement, dans le cadre d’un rapport sur un nouvel indicateur thématique ODD relatif au harcèlement à l’école.

Le rapport de synthèse puise dans plusieurs sources de données, en particulier dans deux enquêtes internationales de grande envergure, l’enquête mondiale en milieu scolaire sur la santé des élèves et l’enquête sur le comportement des enfants d’âge scolaire en matière de santé – qui fournissent collectivement des données sur 144 pays et territoires de toutes les régions du monde.

Parmi les enfants ayant fait l’objet de harcèlement, il s’agissait pour 16,1 % d’entre eux de harcèlement physique et pour 11,2 %, de harcèlement sexuel. Le harcèlement physique domine dans le Pacifique et en Afrique sub-saharienne, tandis que les taux les plus élevés de harcèlement sexuel sont constatés en Amérique centrale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Les données issues de sept pays d’Asie, des Caraïbes et d'Afrique sub-saharienne font apparaître qu’une fille sur trois et un garçon sur cinq ont connu la violence sexuelle à l'école. De nouvelles formes de violence sexuelle sont en train d’émerger, en particulier l’envoi de messages et d’images à caractère sexuel en ligne. Les données de cinq pays révèlent qu'entre 12 % et 22 % des enfants ont reçu des messages à contenu sexuel au cours de l'année écoulée.

De nombreux pays ont assisté à une baisse du harcèlement au fil du temps, mais ils sont moins nombreux à constater un déclin de la violence physique. Sur les 71 pays et territoires ayant des données sur le harcèlement, 35 ont constaté une baisse et sur les 29 pays disposant de données sur les bagarres physiques, 13 ont assisté à un déclin de leur nombre. Bien que la prévalence du cyber-harcèlement soit faible par rapport à d'autres formes de violence et de harcèlement à l’école, c’est, selon le rapport de synthèse, un problème qui prend de l’ampleur.

« La violence à l’école n’a pas seulement un impact sur la santé mentale et physique, elle a un effet négatif sur les résultats scolaires, empêchant les enfants et les jeunes de jouir de leur droit à une éducation de qualité » a déclaré Madame Soo-Hyang Choi, Directrice de la Division de l'UNESCO pour l'inclusion, la paix et le développement durable. « Ce nouveau rapport fait, pour la première fois, la synthèse la plus complète des toutes dernières constatations factuelles concernant l’ampleur, la nature, les facteurs déclenchants et les conséquences de la violence et du harcèlement à l’école. Nous espérons qu’il servira à informer les gouvernements nationaux et les principales parties prenantes sur ce problème, ce qui devrait déboucher sur des environnements d'apprentissage plus sûrs et inclusifs partout dans le monde. »

Quel est le phénomène et quelles sont ses conséquences ?

Selon le rapport de synthèse, les principaux moteurs de la violence et du harcèlement à l’école incluent l'apparence physique, la non-conformité aux normes de genre, la race et la nationalité.

L'apparence physique est le motif de harcèlement le plus fréquemment rapporté par les élèves. Au niveau mondial, 15,3 % des élèves qui ont fait l’objet de harcèlement déclarent avoir été ridiculisés à cause de leur apparence faciale ou corporelle, et elle constitue l’une des deux formes de harcèlement les plus fréquentes dans toutes les régions, à l’exception du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Pacifique.

La race, la nationalité ou la couleur de peau sont les deux raisons qui viennent au deuxième rang des motifs de harcèlement cités le plus souvent par les élèves. Des taux supérieurs à 11 % ont été rapportés dans toutes les régions, à l’exception de l'Asie, de l’Amérique centrale et de l'Amérique du Sud, les taux les plus élevés étant constatés dans le Pacifique et en Afrique sub-saharienne. Par rapport aux autres facteurs, la religion est mentionnée comme motif de harcèlement par un pourcentage beaucoup moins élevé d’élèves.

La violence et le harcèlement à l’école minent le sentiment d'appartenance au monde scolaire des enfants, ainsi que leurs aspirations futures. Les élèves fréquemment harcelés ont presque trois fois plus de probabilités de se sentir marginalisés que ceux qui ne sont pas la cible de harcèlement, et deux fois plus de chances de manquer souvent l'école. Ils sont aussi plus souvent tentés d’abandonner l'école à la fin de leurs études secondaires, que les élèves n’ayant pas fait l’objet de harcèlement.

Les résultats scolaires des enfants harcelés sont également moins bons. Ces enfants obtiennent aux examens des notes inférieures à celles de leurs pairs ne faisant pas l’objet de harcèlement et plus la fréquence du harcèlement est élevée, plus les notes de l’élève sont mauvaises.

Le rapport de synthèse publie à titre préliminaire les conclusions extraites d’une version complète du rapport qui sera publiée par l'UNESCO en 2019.