La République de Corée met en avant le pouvoir transformateur de l'éducation des filles

12/04/2019

« Les jeunes filles me disent maintenant qu’elles ne sont pas trop jeunes pour diriger, qu’elles ne sont pas trop jeunes pour agir pour le changement » a déclaré Bonita Sharma, Championne UNESCO du Népal, à l’occasion d’un événement intitulé Ne laisser aucune fille de côté organisé à l'UNESCO sur le thème de l'éducation des filles, avec le soutien du Ministère des affaires étrangères de la République de Corée et de la Commission nationale coréenne pour l'UNESCO.

Alors même que de grands progrès ont été réalisés dans le domaine de la parité des sexes dans l'éducation, l'école reste dans de nombreux contextes un parcours difficile pour les filles, en particulier pour les adolescentes, confrontées à des défis qui ont un impact significatif sur leurs opportunités éducatives : mariages précoces et forcés, exposition à la violence et absence d’installations sanitaires dans les écoles pour leur hygiène menstruelle.

L'événement a mis en avant l'importance d’investir de différentes façons dans l'éducation des filles, avec une action transsectorielle, l’engagement de la communauté et des jeunes, la formulation de politiques et des partenariats.

« Nous focalisons nos efforts sur l’amélioration des politiques et des données et sur le renforcement de l’autonomisation des filles et des femmes par l'éducation » a déclaré Stefania Giannini, Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l'éducation, partageant la vision de l’UNESCO pour accélérer son engagement en faveur de l’éducation des filles et des femmes.

S’exprimant au nom du Ministère de l’éducation nationale du Mali, Lalla El Oumrany a souligné l'importance de l’action transsectorielle pour le traitement des défis rencontrés par les adolescentes. C'est une composante de base du travail de l’UNESCO au Mali – qui réunit éducation, santé, genre, jeunes et secteurs d'emploi – pour faciliter une transition en bonne santé des filles vers l'âge adulte, grâce à une éducation de qualité.

« Bien que les années d’adolescence soient importantes, il est important de reconnaître que le processus de socialisation des filles et des garçons débute dès les premières années de leur éducation et que cela influe sur les rêves et les avenirs qu'ils imaginent pour eux-mêmes » a indiqué Justine Sass de l’UNESCO.

« L'éducation des filles devrait devenir une priorité nationale, plutôt qu'une priorité éducative » a indiqué Pauline Rose, professeur à l'université de Cambridge. Elle a préconisé d’investir dans des approches sensibles au genre dès les premières années de l’éducation, d'autant plus que, selon la recherche, les filles les plus pauvres ne reçoivent pas plus de 5 années d’enseignement.

La République de Corée, dont la croissance économique après la guerre de Corée a reposé sur la reconstruction rapide de son système éducatif, a conscience du pouvoir transformateur de l’éducation. « Le gouvernement coréen réaffirme son profond engagement en faveur de l'égalité des sexes dans l'éducation, afin qu'aucune fille ne soit laissée de côté » a déclaré Seok-in Hong, du Ministère des affaires étrangères de Corée.

« L'éducation des filles est une question très importante pour nous » a indiqué Heekyung Jo Min de CJ CheilJedang. « Nous nous efforçons d’exploiter nos plates-formes pour sensibiliser notre clientèle composée principalement de filles et de femmes. » Partenaire de longue date de l’UNESCO, CJ a touché jusqu’à 2,2 milliards de personnes l’an dernier, grâce à un seul concert, et bien d’autres personnes par le biais de ses plates-formes de divertissement et de médias. 

Organisée en parallèle de la 206ème session du Conseil exécutif, la table ronde a réuni 150 parties prenantes, notamment des partenaires, des donateurs, des organisations de la société civile, le secteur privé, des représentants gouvernementaux et Bonita, une jeune femme et actrice du changement dans un projet UNESCO au Népal. Cet événement a été particulièrement opportun, puisque l’UNESCO a prévu de lancer en juillet une vision révisée de son engagement envers l'éducation des filles.

La République de Corée a été un partenaire constant de l’UNESCO, soutenant en particulier des projets concernant l'éducation des filles dans les régions Asie-Pacifique et Afrique. Les contributions incluent également celles de CJ au Fonds Malala de l’UNESCO pour le droit des filles à l’éducation et de l'Agence de coopération internationale de la Corée dans le cadre du Programme conjoint d’autonomisation des adolescentes et des jeunes femmes par l’éducation