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La Route de l’esclave : briser le mur du silence

23 Juillet 2019

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Exhibition Modern Times: the memory of slavery and contemporary art UNESCO Sept 2015 © UNESCO / P. Chiang-Joo

Dans le contexte de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (le 23 août), l'UNESCO célèbre cette année le 25e anniversaire du projet « La Route de l’esclave: résistance, liberté, héritage ». Ce sera l’occasion pour l’UNESCO et les partenaires du projet de faire le bilan de ses accomplissements, analyser les obstacles rencontrés et définir de nouvelles perspectives dans le contexte international actuel. C’est au Bénin, pays ou le projet fut lancé en 1994 que se dérouleront en août 2019 une série d’évènements pour marquer cet anniversaire.

Cette célébration aura une résonance toute particulière car 2019 est proclamée par le Ghana comme « Année du Retour » et marque également le 400e anniversaire de l’arrivée des premiers captifs africains dans la colonie anglaise de l’Amérique du Nord en 1619.

Le projet La Route de l’esclave, projet phare de l’UNESCO, s’est imposé comme une référence et un acteur incontournable à l’échelle internationale. Il a réussi à inscrire la question de la traite et l’esclavage dans l’Agenda international et a joué un rôle déterminant dans leur reconnaissance comme crime contre l’humanité. En mettant l’accent sur l’exigence éthique et en favorisant une démarche scientifique pour prendre la distance nécessaire, le projet a pu réconcilier la recherche historique et le devoir de mémoire. Il a développé une vision holistique de la question en abordant simultanément ses différentes dimensions : historiques, mémorielles, créatives, éducatives et patrimoniales.


Installation by artist Dominique Zinkpe for the UNESCO Slave Route Project © Charles Placide Tossou

C’est au prix de vingt-cinq années d’actions courageuses et souvent pionnières qu’une brèche fut ouverte dans le mur du silence pour combattre l’oubli ou le déni d’un passé pourtant bien documenté par tant d’archives écrites et orales, tant de témoignages matériels et immatériels.

Vingt-cinq ans de plaidoyer pour convaincre les gouvernements, les universités, les médias et les organisations de la société civile de la nécessité d’assumer cette histoire sans faux semblant et de la transmettre aux nouvelles générations par tous les moyens.

Aujourd’hui le projet se trouve à un nouveau tournant. Il doit répondre aux attentes suscitées par la proclamation de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2015-2024) d’une part, et au retour des préjugés raciaux et à la montée des discriminations d’autre part. Il doit surtout convaincre tous ceux qui pensent que l’on a trop parlé de l’esclavage et qu’il est temps de tourner la page de cette histoire. Il devra démontrer pourquoi et comment l’exploration de cette tragédie nous aiderait à établir le lien entre un passé tragique, un présent complexe et un futur à inventer ensemble. Enfin, le projet La Route de l’esclave doit contribuer aux débats sur les questions brûlantes de réparations, réconciliation et de vivre ensemble qui secouent de plus en plus les sociétés héritières de l’esclavage.


Exhibition Modern Times: the memory of slavery and contemporary art UNESCO Sept 2015 © UNESCO / P. Chiang-Joo