Sommet de Nairobi : élargir l’accès à l’éducation à la sexualité

09/12/2019
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L’éducation complète à la sexualité (ECS) est la pierre angulaire de l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive. Elle est une composante essentielle de l’éducation et des efforts visant à obtenir l’égalité entre les sexes. Conscients de cela, les gouvernements du monde entier intègrent l’ECS dans les curricula nationaux pour s’assurer que les jeunes soient dotés de connaissances et de compétences adaptées à leur âge et à leur culture pour faire des choix responsables concernant leur vie.

L’ECS a été un thème central des discussions au Sommet de Nairobi sur la CIPD25, qui s’est tenu 25 ans après l’historique Conférence internationale sur la population et le développement, où 179 gouvernements ont appelé à autonomiser les femmes et les filles dans tous les aspects de leur vie, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive.

Plus de 400 personnes se sont réunies pour soutenir l’ECS lors d’une séance de la CIPD25, où un nouveau partenariat d’ECS a été lancé par l’UNFPA, Pop Council, la FIPF, Rutgers, AfriYan et l’UNESCO. Le partenariat vise à faire en sorte que tous les jeunes aient accès à une ECS de qualité d’ici à 2030, et appelle les gouvernements, les ONG, les organisations de la jeunesse, les organisations du secteur privé et les autres parties prenantes à promouvoir l’ECS. Il met l’accent sur la fourniture de l’ECS pour les plus marginalisés, notamment ceux qui ne vont pas à l’école et ceux qui sont victimes de discriminations et de violations des droits de l’homme fondées sur le genre, l’origine ethnique, l’âge, les aptitudes et le statut social.

Joanna Herat, spécialiste principale de programme en santé et éducation à l’UNESCO, a affirmé que l’ECS ne pourra être généralisée qu’à travers la collaboration. « Grâce à ce nouveau partenariat, nous nous engageons à améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs des jeunes, ainsi que leur santé et leur bien-être, en ne laissant personne de côté », a dit Mme Herat. « Pour que les jeunes effectuent un passage sûr et heureux vers l’âge adulte, ils doivent absolument avoir accès à une ECS de qualité. Celle-ci encourage des comportements sexuels plus sûrs tout en retardant le début de l’activité sexuelle, et modifie également les attitudes et les normes de genre et sociales, et renforce l’efficacité personnelle. »

Des progrès dans l’ECS, mais beaucoup reste à faire

De nombreux gouvernements ont déjà fait de grandes avancées dans la promotion de l’ECS, notamment l’Afrique du Sud, dont le gouvernement lève de façon proactive les informations erronées et les préoccupations du public sur l’éducation à la sexualité. L’Afrique du Sud a renforcé l’ECS dans les curricula au vu des taux élevés de violences fondées sur le genre et de grossesses adolescentes, et du nombre important de jeunes, en particulier entre 14 et 24 ans, qui perdent la vie à cause du VIH/SIDA.

En Namibie, les efforts visant à fournir une ECS à tous les jeunes vont au-delà de la salle de classe, et s’étendent aux radios et aux médias sociaux dans les langues locales. Intervenant à la séance de la CIPD25 sur l’ECS, Ayesha Wentworth, directrice adjointe des services de diagnostic, conseil et formation au Ministère de l’éducation, des arts et de la culture de la Namibie, a expliqué que le gouvernement favorisait les contenus interactifs et motivants pour tous les jeunes. « Les filles ne tombent pas enceintes toutes seules », a dit Mme Wenworth, « nous devons nous assurer que les garçons aient aussi accès à l’éducation à la sexualité. »

« L’UNESCO et son secteur de l’éducation jouent un rôle important pour promouvoir la santé sexuelle et reproductive et aider les États membres de l’Organisation à fournir une éducation complète à la sexualité. L’ECS de qualité englobe les droits humains et l’égalité entre les sexes, et est éclairée par les meilleures données disponibles. Il est absolument nécessaire de faire progresser l’ECS pour aider les jeunes à faire valoir leurs droits », a dit Saidou Jallow, chef de la section Éducation au Bureau régional de l’UNESCO à Nairobi.