Le Sommet des Nations Unies à Bonn appelle les partenaires à accélérer l’éducation au changement climatique

16 Novembre 2017

L’importance cruciale de l’éducation dans les réponses internationales au changement climatique a été le message clé de la « Journée sur l’éducation » qui s’est tenue à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 23) à Bonn, en Allemagne, le 17 novembre 2017.

L’UNESCO, ainsi que des partenaires nationaux, internationaux et des Nations Unies, ont organisé une série d’événements parallèles et de tables rondes tout au long de la journée, notamment un débat de haut niveau intitulé « S’unir pour l’éducation sur le climat – Plus loin, plus vite, ensemble à travers des partenariats », organisé conjointement avec la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et la présidence de la COP, les Îles Fidji.

Des représentants gouvernementaux de haut niveau et des organisations internationales se sont penchés sur la façon dont les partenariats mondiaux dans le domaine de l’éducation pouvaient accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat et les Objectifs de développement durable (ODD), et engager une masse critique d’enfants, de jeunes, de professionnels, de décideurs et l’ensemble de la société dans l’action pour le climat.

Besoin d’éducation et de partenariats solides pour permettre une transformation de la société

S’exprimant dans le cadre de l’événement, M. Shyamal Majumdar, directeur du Centre international UNESCO-UNEVOC pour l’enseignement et la formation techniques et professionnels, a dit : « La mise en œuvre de l’action en faveur du climat doit être renforcée, et cette mise en œuvre exige des mesures d’éducation et des compétences ».

« Je crois que nous nous trouvons à l’orée d’une incroyable transformation – une transformation qui présente d’immenses opportunités économiques. Mais les transformations ne se produisent pas dans l’isolement. L’éducation est la clé. Et une bonne éducation exige des partenariats solides », a dit Mme Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de la CCNUCC.

« Il est inutile d’insister sur le rôle crucial de l’éducation pour faire prendre conscience du défi climatique. En revanche, ce qui est de la plus haute importance, c’est de mettre en commun et de comparer régulièrement nos approches afin de les enrichir », a dit Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa du Maroc, Présidente de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement.

Mereseini Vuniwaqa, Ministre des femmes, des enfants et de la réduction de la pauvreté des Fidji a appelé à trouver des solutions à long terme : « Nous devons rétablir une relation respectueuse avec la nature, et pour cela, nous avons besoin de l’éducation. Nous devons faire sortir les enfants des salles de classe pour qu’ils voient, comprennent et jugent par eux-mêmes ce qu’il convient de faire ».

Changeons les esprits, pas le climat

Un autre événement parallèle, organisé conjointement avec neuf autres agences des Nations Unies, a également étudié le rôle clé que jouent les partenariats à tous les niveaux et dans tous les secteurs pour stimuler la contribution de l’apprentissage et des compétences aux mesures d’adaptation aux changements climatiques et d’atténuation de leurs effets. Il a présenté de nouveaux types de partenariats pouvant aider davantage d’acteurs, avec des exemples tirés de différents secteurs aux quatre coins du monde.

Parmi les exemples présentés figurait le Réseau du système des écoles associées de l’UNESCO (réSEAU), qui mobilise plus de 11 000 écoles à travers le monde. Les écoles utilisent le Guide sur l’action climat destiné aux établissements scolaires : « Faire face au changement climatique », et mettent en place des partenariats avec leurs communautés. Jan Hendrik, un élève de 14 ans d’une école allemande du réSEAU, a expliqué que les échanges scolaires internationaux étaient des moteurs pour changer les mentalités en faveur de l’action pour le climat : « Je peux désormais contribuer à faire évoluer mon école vers un apprentissage durable ».

Les bonnes pratiques montrent comment la sensibilisation conduit à l’action pour le climat

Lors d’une conférence de presse intitulée « Les bonnes pratiques dans l’action pour la responsabilisation sur le climat » organisée par le Centre d’éducation environnementale (CEE) (Inde), l’UNESCO et la CCNUCC ont lancé une compilation d’études de cas sur l’éducation au changement climatique pour l’atténuation et l’adaptation dans toutes les régions du monde. Représentant l’UNESCO, Mme Julia Heiss, chef d’équipe pour l’éducation en vue du développement durable, a dit : « Les études de cas sont importantes pour illustrer la façon dont les efforts de sensibilisation engagent les individus à s’adapter aux changements climatiques et à contribuer à l’atténuation de leurs effets. J’espère qu’ils encourageront beaucoup d’autres individus et associations à suivre la même voie ».

Tout au long de la journée, de brèves tables rondes et présentations ont été organisées au pavillon de l’UNESCO sur différents sujets, notamment la préparation des écoles au changement climatique, la formation des enseignants sur le changement climatique, le leadership des jeunes et l’enseignement et la formation techniques et professionnels axés sur l’écologie. Ces discussions ont été conduites par l’UNESCO, des écoles du réSEAU, des partenaires, des experts, des professionnels et des représentants de la jeunesse du monde entier.

Les participants à la COP 23 ont également visité le stand thématique de l’UNESCO sur l’ODD 4 relatif à la qualité de l’éducation, organisé conjointement avec le PNUE et l’UNITAR, pour s’informer sur les activités conjointes des Nations Unies dans le domaine de l’éducation au changement climatique.

La COP, qui se tient cette année du 6 au 18 novembre, met l’accent sur les nations vulnérables et vise à élaborer un ensemble complet d’orientations pour aider les acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, qui sera finalisé en 2018. Le rôle de l’éducation et de la formation au changement climatique a été largement souligné à la Conférence de Paris sur le climat (COP 21) puis à la COP 22 à Marrakech.

L’UNESCO encourage l’éducation au changement climatique par le biais de son programme d’Éducation en vue du développement durable (EDD) et du Programme d’action global pour l’EDD de l’UNESCO, le programme de suivi de la Décennie des Nations Unies pour l’EDD (2005-2014). L’UNESCO et ses partenaires œuvrent pour aider les pays à intégrer le changement climatique dans leurs systèmes d’enseignement et de formation. La mobilisation des partenaires est l’une des stratégies clés pour la mise en œuvre du Programme d’action global pour l’EDD.