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La spiruline, un aliment miracle dans le Lac Tchad

25/05/2020
YAOUNDE, Cameroun

La spiruline ou dihé est une algue riche en protéine (60 à 70% de la matière sèche), autrement dit 15g de spiruline contiennent autant de protéines que 100g de bœuf. Elle est utilisée aussi bien dans l’alimentation humaine qu’animale et même dans les cosmétiques. Au Tchad, la production de cet aliment particulièrement intéressant pour combattre la malnutrition se fait dans les mares « natronnées » du bassin du Lac-Tchad.

 

Reconnue dans le monde entier pour ses vertus détoxifiantes et nutritives, la spiruline se développe dans les nappes d’eau des oasis (wadi) autour du lac. 200 femmes du village Artomossi, dans le canton Iserom dans les régions du Kanem et du Lac Tchad la récoltent et la transforment traditionnellement. Chaque jour, l’eau des mares est recueillie dans des récipients de fer et versée dans une cuve sphérique dans le sable. Celle-ci filtre l’eau et laisse les dépôts d’algues. Ces dépôts sont ensuite versés à même le sable et forment des galettes de 2cm environ qui sont séchées au soleil. Les galettes sont ensuite coupées en morceaux et le sable est retiré. Elles sont vendues sur le marché local ou exportées dans les pays voisins.

La Directrice Générale de l'UNESCO, Madame Audrey Azoulay souligne que « les réserves de biosphère sont des laboratoires d’interaction harmonieuse entre l’Homme et la nature, permettant de faire progresser les connaissances scientifiques des peuples autochtones, de faciliter le partage du savoir, de promouvoir l’interface science-société, et de favoriser les voies par lesquelles la science peut apporter des solutions concrètes dans le quotidien des populations locales ».

Dans cette perspective, le projet BIOPALT (Biosphère et Patrimoines) du Lac Tchad prévoit la labélisation de la spiruline. Un exemple de solutions fondées sur la nature et contribuant à la conservation de la biodiversité, à la réduction de la pauvreté et au développement durable dans la zone du lac Tchad où les moyens de subsistance et la sécurité des communautés sont intimement liés à leurs ressources biologiques environnantes.

 

Pour plus d’informations : Elisabeth Laure Njipwo e.njipwo-nguimdo@unesco.org