L’UNESCO adopte des directives internationales pour protéger les artistes et la diversité des contenus culturels sur Internet

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"Digital meets creativity" exhibition at UNESCO Headquarters in Paris (September 2016)
© UNESCO
15 Juin 2017

Les représentants de 144 pays et l'Union européenne ont approuvé un ensemble de directives opérationnelles sur la culture contemporaine dans l'environnement numérique. Leur objectif : aider les pays à veiller à ce que les artistes et les producteurs bénéficient pleinement et équitablement du potentiel des technologies de l’information aux étapes de la création, production et distribution.

« Ces directives sont un moyen de s'assurer que l'environnement numérique puisse tenir ses promesses en tant que moteur d'une société inclusive et créative », s’est félicitée la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.

Ce texte sur la mise en œuvre de la Convention dans l'environnement numérique a été approuvé le 15 juin par les Parties à la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles lors de leur réunion biennale au Siège de l'UNESCO.

Les directives répondent à la nécessité de garantir une offre de contenus culturels sans discrimination quant à la provenance, la langue ou les facteurs sociaux. Elles réaffirment également la nécessité de respecter les droits de l'homme dans l'environnement numérique, notamment la liberté d'expression, la liberté artistique et l'égalité des genres.

La révolution numérique « modifie fondamentalement les industries culturelles »

Les directives sont le fruit de cinq années de recherche et de débat avec des experts, des gouvernements et la société civile sur les défis et le potentiel créés par l'expansion des réseaux sociaux et des contenus générés par les utilisateurs, la prolifération des appareils multimédias et l'émergence de puissantes entreprises opérant sur le web. De fait, de nouveaux modèles commerciaux sont nécessaires dans l'environnement numérique, par exemple, pour le commerce électronique et la diffusion en temps réel (streaming), ainsi que des politiques renforcées pour protéger le droit d'auteur.

Comme l'indique le Rapport de l'UNESCO « Re|penser les politiques culturelles », la révolution numérique a profondément transformé les industries culturelles. Dans le même temps, tous ne possèdent pas les infrastructures nécessaires (les appareils et la connexion Internet) et les artistes n'ont pas toujours les connaissances techniques pertinentes. Ainsi, les directives présentent également des pistes pour les gouvernements qui souhaitent exploiter

potentiel de l'environnement numérique pour le développement de leurs industries culturelles et créatives.

Soutenir la future génération d’artistes

La nécessité de protéger la liberté sur Internet tout en garantissant la juste rémunération des producteurs de contenus fait depuis peu l’objet d’une attention accrue, en particulier grâce à la société civile.

Le 12 juin, plusieurs représentants de la société civile ont demandé à la communauté internationale de renforcer la législation dans le monde entier. Cela s'est produit lors d'un événement co-organisé par l'UNESCO et la Confédération Internationale des Sociétés d'Auteurs et Compositeurs (CISAC), qui représente quatre millions d'artistes à travers le monde.

La cinéaste norvégienne et Ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO, Deeyah Khan, a décrit les difficultés financières auxquelles sont confrontés de nombreux artistes en déclarant que « dans aucune autre profession, on ne s’attendrait à ce que vous travailliez gratuitement ».

Le compositeur français Jean-Michel Jarre, Ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO et Président de la CISAC, a ajouté que « nous avons besoin, de toute urgence, d'un nouveau modèle commercial pour assurer une rémunération équitable des artistes, au risque de ne pouvoir voir le prochain Victor Hugo, Coldplay ou Stanley Kubrick ».

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Contact presse: Roni Amelan, Service de presse de l’UNESCO, r.amelan@unesco.org, +33(0)145681650