L’UNESCO et BMZ autonomisent les filles et les femmes rurales en leur offrant une formation aux compétences numériques

30 Mars 2018

« Ensemble, nous pouvons déchiffrer le code, pour faire en sorte que les femmes et les filles, y compris celles qui vivent en milieu rural, aient les mêmes opportunités de contribuer à la création d’un monde plus inclusif, équitable et durable et d’en tirer profit. » Saniye Gülser Corat, Directrice de la Division pour l’égalité des genres, UNESCO.

Les technologies numériques ont prouvé leur potentiel en tant que moteurs de l’autonomisation politique, économique et sociale des femmes et des filles et de la promotion de l’égalité des genres, que ce soit en améliorant la participation des femmes à la prise de décision publique, en donnant accès à l’information et au financement, ou simplement en faisant entendre partout la voix des filles et des femmes. Malgré son potentiel, les femmes sont largement sous-représentées dans le monde numérique, en particulier dans les contextes ruraux où l’accès, le manque de compétences, le coût et d’autres facteurs socioculturels limitent la capacité des filles et des femmes de participer aux nouvelles technologies.

L’UNESCO et le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ), ont organisé conjointement un événement parallèle en marge de la 62e session de la Commission de la condition de la femme, intitulée « Déchiffrer le code : autonomiser les filles et les femmes en milieu rural par des compétences numériques ». La manifestation a exploré les facteurs qui aident les filles et les femmes à acquérir des compétences numériques, et mis en lumière les bonnes pratiques qui donnent aux filles et aux femmes rurales les moyens d’utiliser les TIC et de créer et d’innover par leur biais.

Le rôle des gouvernements

Dans une salle remplie de plus de 500 participants motivés, des représentants de l’Allemagne et du Ghana ont mis en avant le rôle fondamental que les gouvernements peuvent jouer pour combler le fossé numérique entre les hommes et les femmes. Roland Lindenthal, chef de l’unité « Éducation et monde numérique » de BMZ, a présenté le rôle de l’Allemagne pour attirer l’attention du G20 sur cette question : « [l]es dirigeants du G20 ont approuvé une déclaration dans le cadre de leur déclaration principale […] qui engage tous les pays du G20 à soutenir l’acquisition de compétences numériques pour les filles et les femmes ». L’initiative #eSkills4Girls qui en a résulté facilite désormais la création d’opportunités d’éducation, d’emploi et d’entreprenariat pour les femmes et les filles dans l’économie numérique, en particulier dans les pays à faible revenu et les pays en développement. Au Ghana, des investissements financiers ciblent les femmes dans les zones rurales, et les actions de sensibilisation telles que les célébrations annuelles de la Journée des filles dans les TIC font partie d’une approche globale visant à créer une société inclusive où personne n’est laissé pour compte.

Modèles de rôles

Les modèles de rôles ont tenu une place centrale dans la discussion en tant que catalyseurs pour lutter contre les stéréotypes et donner aux filles les moyens de poursuivre une carrière dans les TIC. « Nous ne saurions trop souligner l’importance des modèles de rôles », a dit Chisenga Moyoya du Réseau Asikana en Zambie. « Les filles qui ont des mentors et des personnes qui leur parlent de façon systématique ont plus de chances de réussir. » Hemang Desai, directeur de programme mondial chez SAP, a expliqué comment Africa Code Week, lancé par SAP en 2015, offre aux jeunes à travers l'Afrique une plate-forme pour développer des compétences numériques pertinentes et accéder à des modèles de rôle, des mentors et des ambassadeurs numériques.

Croire en soi-même

Les opportunités de formation flexibles et les programmes de cours formels et non formels enrichis par les TIC contribuent à accroître la confiance des filles et des femmes, démystifient les technologies et aident les femmes à atteindre l’indépendance économique et l’autosuffisance. Comme l’explique Lauren Remedios, directrice du suivi et de l’évaluation au niveau mondial, les écoles numériques de nuit du Barefoot College s’occupent des enfants, en particulier des filles rurales, qui ne peuvent pas suivre une éducation formelle durant la journée. Vingt-cinq écoles dans 10 États en Inde ont été « numérisées » avec des tablettes et des technologies, et 75 enseignants ont été formés, afin d’offrir aux élèves un apprentissage mixte combinant les compétences numériques et les connaissances traditionnelles et pratiques.

En Amérique latine, ProMujer applique également une approche intégrée avec Microsoft, qui intègre la formation aux compétences numériques dans les programmes d’éducation et de formation aux compétences commerciales et à l’entreprenariat. « Nous améliorons bien sûr la création de revenus, mais aussi la confiance en soi. Les femmes réalisent qu’elles peuvent être des modèles pour leurs enfants, en particulier pour leurs filles, et [nouer] des relations plus équitables », a expliqué Jessica Olivan, directrice des partenariats stratégiques.

Principes en matière de formation aux compétences numériques

Par le biais de sondages en ligne sur place et sur les réseaux sociaux, les participants ont partagé leurs points de vue sur les principaux obstacles à la connectivité des filles et des femmes, et sur les mesures les plus importantes à prendre pour garantir des compétences et des formations numériques transformatrices en matière d’égalité des genres. Parmi les idées évoquées figuraient l’utilisation de projets d’apprentissage mobile pour introduire la technologie et les ressources dans les communautés et les réseaux de pairs pour susciter l’intérêt et renforcer les capacités. On a par ailleurs suggéré de jumeler les écoles bien dotées en ressources avec les écoles moins fortunées et de documenter la rentabilité sociale des investissements dans la promotion des compétences numériques des filles et des femmes. Ces contributions font partie d’un processus consultatif lancé par l’UNESCO et BMZ, en tant que coresponsables de la Coalition pour les compétences EQUALS, visant à établir des Principes pour une formation numérique de qualité et transformatrice du point de vue du genre.