L’UNESCO renforce la capacité des formateurs des forces de défense et de sécurité sur la protection du patrimoine.

24 Octobre 2017

Bamako, 19 octobre 2017 - Le Bureau de l’UNESCO à Bamako, en collaboration avec le Ministère de la Culture et de la MINUSMA, avec l’appui financier de la Coopération suisse, organise un atelier de formation des formateurs des forces de défense et de sécurité sur la protection du patrimoine, les 25,26 et 27 octobre 2017, à l’Ecole de Maintien de la Paix.  Une vingtaine de participants nationaux et des forces de maintien de la paix de la MINUSMA seront encadrés trois jours durant par six experts nationaux et internationaux.

L’objectif recherché est de renforcer de manière spécifique les connaissances et la capacité des formateurs des forces de défense et de sécurité, en matière de protection du patrimoine culturel, dans les opérations de maintien de la paix sur le terrain conformément au mandat qui leur a été confié par la résolution 2100, mais aussi assurer la pérennité et l’application de la Convention de La Haye de 1954, pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, ainsi que la mise en œuvre de la Résolution 2347 du Conseil de sécurité de l’ONU.

La Résolution mentionne plus précisément, la possibilité que le Conseil de Sécurité charge les opérations de maintien de la paix des Nations Unies de protéger en collaboration avec l’UNESCO « le patrimoine culturel contre la destruction, les fouilles illicites, le pillage et la contrebande en période de conflit armé, et que lesdites opérations de maintien de la paix doivent agir avec prudence lorsqu’elles interviennent à proximité de sites culturels et historiques ». A cet égard, la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit et ses deux Protocoles de 1954 et 1999, demeurent l'instrument juridique le plus important.

 C’est dans ce cadre que l'UNESCO et le Département fédéral des affaires étrangères suisse ont conclu, Le 16 décembre 2015, un accord pour la mise en œuvre des activités relatives au projet de « Renforcement de la mise en œuvre de la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ». Aussi, ce projet a pour ambition de mettre en place un vaste programme de formation des forces militaires, de défense, de sécurité et des civils à l'échelle nationale mais aussi internationale.

Il faut rappeler que cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase du Programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens. Une séance de travail des experts, recrutés pour animer ledit atelier a été organisée du 2 au 3 octobre 2017, dans les locaux du Bureau de l’UNESCO à Bamako. Cette séance a été mise en œuvre, afin d’actualiser, de développer et de compléter le contenu des modules existants sur la protection du patrimoine culturel, ainsi que celui sur la sensibilisation à la société malienne.

Ils ont notamment pu adapter le contenu initialement porté sur le Mali à un contexte régional, mais aussi intégrer des synthèses des différentes Conventions de l’UNESCO et des instruments juridiques internationaux relatif à la protection du patrimoine, et valoriser davantage les enjeux relatifs au patrimoine en conformité avec la résolution 2347. Les résultats obtenus lors de ces travaux seront au cœur de l’atelier de formation des formateurs des forces de défense et de sécurité sur la protection du patrimoine à l’effet de former de nouveaux formateurs.

Pour rappel, depuis Octobre 2013, l’UNESCO dispense une formation d’une heure par semaine à tout nouveau personnel arrivant à la MINUSMA, dans le cadre du cours d’induction dont 30 minutes sur la protection du patrimoine et 30 minutes sur la sensibilisation à la société malienne. Sur un total de 14046 personnels déployés, 10915 militaires, 1257 policiers et 1541 civils ont bénéficié de cette formation.

De nos jours, il est établi que les forces armées doivent être davantage informées et formées dans le domaine de la protection des biens culturels et qu’il est important de renforcer de manière spécifique les connaissances pour les forces militaires. Sur la base de cette expérience fructueuse, la Suisse a jugé nécessaire de réitérer cette action.