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Des villes européennes appellent à prendre des mesures inclusives pendant la crise du COVID-19

04/04/2020
03 - Good Health & Well Being

Depuis l'épidémie de COVID-19, la peur et l'anxiété de la contamination ont conduit à des actes de stigmatisation et de discrimination à l'encontre des personnes dont l'ethnicité, la langue ou le pays étaient associés au virus, en particulier les populations d'origine asiatique. En parallèle, un nombre croissant de pays ont imposé des mesures de confinement et déclaré l'état d'urgence afin de restreindre les mouvements des personnes et de ralentir la propagation de la pandémie. Bien que ces mesures affectent la vie quotidienne et privée de nombreuses personnes, leur impact est plus important sur les groupes de personnes vulnérables, tels que les réfugiés et les migrants.

Afin de sensibiliser à l'intersection du racisme et des conséquences de la pandémie sur les différents groupes de population, la Coalition européenne des villes contre le racisme – ECCAR - a publié une déclaration appelant les décideurs à mener une lutte inclusive contre le COVID-19 qui prenne en considération les inégalités sociales et raciales de nos sociétés.

« Le virus lui-même ne fait pas de différence entre la couleur de peau, le genre, l'orientation sexuelle, la religion ou la classe sociale. Pourtant, il renforce et approfondit les inégalités qui existent déjà dans nos sociétés. [...] Nous appelons les décideurs à mettre en place des politiques de protection contre le virus et ses nombreux impacts économiques et sociaux. Il est [...] de la plus haute importance de contrer et de condamner tous les récits racistes, les théories de conspiration et les attaques qui ont surgi dans le sillage de la pandémie. [...] Soyons conscients de nos différences et luttons contre le racisme – même et surtout en temps de crise. »

La Coalition européenne des villes contre le racisme – ECCAR

Les mesures adoptées pour contrer la propagation du virus pourraient affecter de manière disproportionnée la santé, l'éducation et l'économie des migrants et des réfugiés. Par exemple, les informations sur le virus et les services de santé sont moins accessibles aux réfugiés et aux migrants en raison des barrières linguistiques et de la répartition inégale des soins de santé.
Les sans-abris et les demandeurs d'asile dans les camps de réfugiés aux frontières européennes ne peuvent pas se confiner et adopter des mesures efficaces de distanciation sociale imposées par les gouvernements. Ils sont donc plus exposés au virus. L'enseignement à domicile ou le télétravail ne sont pas envisageables pour ceux qui ne disposent pas d'un ordinateur et d'une connexion internet à la maison. Les migrants travaillant dans le secteur des services ne gagneront aucun revenu tant que les mesures restrictives visant à enrayer la pandémie ne seront pas levées.

« Le moment est venu d'étendre la solidarité dont de nombreux citoyens ont fait preuve en cette période de crise, et qui a été un phare d'espoir pour beaucoup, à ceux qui en ont le plus besoin. »

Benedetto Zacchiroli, President de l’ECCAR

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ECCAR est un réseau de plus de 130 villes engagées dans le partage d'expériences afin d'améliorer leurs politiques de lutte contre le racisme et toutes les formes de discrimination. Son objectif est de contribuer à la protection et à la promotion des droits humains, au respect de la diversité en Europe, à la tolérance dans tous les domaines de la culture et à la compréhension mutuelle entre les peuples. En 2016, les membres de l'ECCAR ont publié La boite à outils pour l'égalité, qui fournit des conseils pratiques aux autorités locales sur la lutte contre le racisme et la discrimination raciale dans les villes.    

La Coalition européenne des villes contre le racisme fait partie de la Coalition internationale des villes inclusives et durables - ICCAR.  

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La Coalition internationale des villes inclusives de l'UNESCO - ICCAR, lancée en 2004, est une plateforme de villes qui entreprend un large éventail d'initiatives allant de l'élaboration de politiques, au renforcement des capacités, ou encore aux activités de sensibilisation. Elle plaide en faveur de la solidarité et de la collaboration mondiales pour promouvoir un développement urbain inclusif, exempt de toute forme de discrimination.

Les idées et opinions exprimées dans cette publication sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les vues de l'UNESCO. Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’UNESCO aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.