Press release

Le vrai prix de l’art : l’UNESCO révèle la face cachée du trafic de biens culturels dans une campagne internationale

20/10/2020

L’UNESCO estime que le commerce illicite de biens culturels représente près de 10 milliards de dollars chaque année. Ce trafic, alimenté par le pillage parfois très organisé de zones archéologiques, constitue une source de financement majeure d’organisations criminelles et terroristes et dépossède les peuples de leur histoire et de leur identité.

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture a développé depuis un demi-siècle le cadre juridique de référence pour lutter contre ce fléau, dans le cadre de la Convention adoptée en 1970, qui précise les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. Pour le 50e anniversaire de la Convention, l’UNESCO lance une campagne internationale de communication afin de sensibiliser le grand public amateur d’art aux conséquences désastreuses de ce trafic.

 

Le trafic illicite constitue un vol caractérisé de la mémoire des peuples. Eveiller les consciences et appeler à la plus extrême vigilance est nécessaire pour lutter contre cette réalité largement sous-estimée

Audrey Azoulay, Directrice générale de l'UNESCO

La campagne, intitulée Le vrai prix de l’art et imaginée avec l’agence de communication DDB Paris, emprunte ses codes à l’univers de l’art et du design pour mieux révéler la vérité sombre cachée derrière certaines œuvres. Chaque visuel présente un objet in situ, intégré à la décoration intérieure d’un acheteur. Une accroche vient révéler de façon cruelle l’envers du décor : financement du terrorisme, fouilles illégales, vols dans un musée détruit par la guerre, liquidation de la mémoire d’un peuple… Chaque annonce raconte l’histoire vraie d’une antiquité volée dans une région du monde (Moyen-Orient, Afrique, Europe, Asie et Amérique latine).

Diffusée à partir du 20 octobre 2020, la campagne est lancée en amont de plusieurs événements importants, organisés à l’occasion de cet anniversaire, et notamment : la réunion du Comité de la Convention (27 et 28 octobre), la première Journée internationale de lutte contre le trafic illicite de biens culturels (14 novembre), et une conférence internationale à Berlin (16-18 novembre). Cette dernière, organisée en partenariat avec le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, la Commission européenne et le Conseil de l’Europe, a pour objectif d’analyser les priorités par région, d’étudier les enjeux et de partager des solutions.

Un numéro spécial du Courrier de l’UNESCO, également consacré à ce sujet, est disponible en ligne.

 

Campagne contre le traffic illicite par DDB

Découvrez le vrai prix de l’art

Combien pour l’âme d’une nation ?

Les juges intègres

Jan et Hubert Van Eyck, 1432

Ceci est le panneau inférieur du retable de Gand, trésor national et chef-d’oeuvre de la peinture des primitifs flamands. Cette partie essentielle, qui inclurait des portraits de Jan et Hubert Van Eyck, a été volée en 1934 et n’a jamais été retrouvée.

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Comment effacer une culture entière ? Un objet après l'autre.

Masque Téhé Gla

Côte d'Ivoire, début du XXe sicècle

Cet objet d'art africain a été pillé à Abidjan lors des combats qui ont suivi la crise de 2010. Rares témoignages de l'histoire du peuple Wé de la Côte d'Ivoire, c'est une perte irremplacable. 

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Soutenir un conflit armé n'a jamais aussi été décoratif.

Femme au polos

Entre 2650 et 2350 avant J.-C.

Une antiquité inestimable similaire à celle-ci a été volée en Syrie lorsque les combats étaient les plus importants en 2014, avant de passer en contrebande sur le marché européen. Le commerce illicite des antiquités est l'une des principales sources de financement de groupes armés.  

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L'art n'a pas de frontières. Le crime organisé non plus.

Vase Inca

Pérou, 1470-1532

Cet objet d'art précolombien a été pillé lors d'une fouille illégale. Il est passé par différents intermédiaires, a traversé l'Equateur avant de se retrouver entre les mains de trafiquants et d'apparaître sur le marché de l'art international.

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Le terrorisme est un si grand expert en art

Tête de Bouddha

Afghanistan, 3e-4e siècle après J.-C.

Cette antiquité appartient au Musée national d'Afghanistan, dont une grande partie a été détruite par les talibans. Elle a été dérobée par des revendeurs locaux puis exportée en contrebande sur le marché international. Des milliers d'objets pillés du Musée sont toujours portés disparus. 

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Ressources et contacts

Clarification sur la campagne UNESCO

Dans une première version de la campagne UNESCO, Le vrai prix de l'art, certaines affiches présentaient des objets provenant de la base de données du Metropolitan Museum of Art (MET), qui se trouve dans le domaine public. L'intention de l'UNESCO était d'alerter le grand public en représentant des objets de grande valeur culturelle, dont la place est au Musée, et qui se retrouvent dans des intérieurs privés luxueux. L'UNESCO n'avait pas l'intention de remettre en question la provenance des objets de la collection du MET. 

Après des discussions avec le MET, qui est un partenaire précieux pour l'UNESCO, et afin d'éviter tout malentendu, l'UNESCO a décidé de retirer toutes les photos d'objets de la collection du MET. Seuls trois magazines avaient déjà été imprimés. Les versions numériques de ces publications ont été modifiées.

La raison d'être de la campagne est de d'attirer l'attention du grand public afin de l'encourager à faire preuve de diligence raisonnable lors de l'achat de biens culturels. La campagne a été largement diffusée et ses affiches originales sont présentées ci-dessus.

L'UNESCO regrette les malentendus causés suite à l'utilisation d'images du MET.