Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030)

Les Nations Unies ont proclamé la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030) afin de mobiliser les acteurs intéressés du monde entier autour d’un cadre commun qui mettra la science au service des pays dans leur mise en œuvre de l’Objectif de développement durable 14 sur l’océan.

À la demande de l’Assemblée générale des Nations Unies, la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO assurera la coordination de la phase préparatoire de cette Décennie, et invite la communauté mondiale de l’océan à mettre au point une feuille de route scientifique et technologique sur les dix prochaines années pour mener, ensemble, vers l’océan dont nous avons besoin pour l’avenir que nous voulons !

 

Pourquoi une Décennie des sciences océaniques ?

Alors que toutes les grandes études internationales démontrent que l’océan est sérieusement dégradé, il devient de plus en plus urgent de trouver des solutions scientifiques nous permettant de comprendre les changements s’y opérant, et de mettre fin au déclin du plus grand écosystème de notre planète.

La Décennie de l’ONU des sciences océaniques vise à transformer et à renforcer la coordination des différentes actions de la communauté scientifique, des gouvernements, de la société civile, et du système onusien pour « conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable », conformément à l’Objectif de développement durable 14.

La Décennie permettra de combler les lacunes majeures dans nos connaissances de l’océan et dans notre capacité à gérer de façon durable ses ressources :

  • Il n’existe pas de méthode internationalement reconnue permettant d’estimer la valeur économique des services rendus à l’humanité par l’océan ;
  • La science n’est pas encore parvenue à évaluer les impacts cumulatifs du changement climatique, de la pollution marine et des autres facteurs de stress anthropogéniques sur la santé de l’écosystème de l’océan ;
  • Pour 99% des zones marines habitables, nous manquons des connaissances de base en matière de biodiversité qui seraient nécessaires à leur gestion efficace ;
  • Seuls 5% des planchers océaniques ont été cartographiés et seul 1% de ces zones cartographiées fait l’objet d’un quadrillage à haute résolution ;
  • 267 millions de kilomètres carrés des abysses sont constamment plongés dans l’obscurité et abriteraient jusqu’à un million d’espèces marines inconnues des scientifiques ;
  • Seuls trois humains ont exploré le point le plus profond de l’océan connu à ce jour.

Qu’espérons-nous accomplir à travers la Décennie ?

Les plus importantes contributions de la Décennie de l’ONU des sciences océaniques consisteront en une nouvelle génération de scientifiques et de techniciens experts de l’océan, avec la création de nouveaux réseaux de recherche, et une nouvelle génération de systèmes, d’équipements et d’infrastructures d’observation, qui permettront aux États de réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030. La Décennie suscitera également un niveau d’intérêt et de participation sans précédent de la part de la jeunesse, du grand public et des décideurs politiques à travers le monde.

Au terme d’un vaste processus de consultation avec tous les acteurs concernés, la phase préparatoire de la Décennie proposera des objectifs et des résultats spécifiques à atteindre d’ici 2030. Lors de sa proposition de la Décennie auprès de l’Assemblée générale des Nations Unies et d’autres forums internationaux, la COI a mis en avant quelques objectifs préliminaires :

  • • Renforcement de l’utilisation durable des ressources océaniques et marines, en mettant l’accent sur : la réalisation d’un inventaire des ressources et des services écosystémiques océaniques; la compréhension et la quantification des zones biogéographiques et du rôle potentiel des aires marines protégées ;

  • Utilisation généralisée des connaissances sur les conditions océaniques, notamment : la gestion des données, la collecte de données, la modélisation, les prévisions de production de denrées alimentaires marines et l’évaluation de ses capacités à répondre aux demandes croissantes ;
  • Soutien au développement de l’économie de l’océan, y compris l’analyse des bénéfices économiques et sociaux provenant de l’utilisation durable des ressources marines et de leur gestion scientifique ;
  • Gestion durable des écosystèmes côtiers, notamment : la résilience des écosystèmes et la planification de l’espace maritime pour minimiser l’impact de la montée des eaux, des phénomènes météorologiques extrêmes, des inondations et de l’érosion; l’amélioration des références sur les conditions environnementales ; et la perception que peut en avoir le grand public ;
  • • Approfondissement des connaissances scientifiques sur l’impact des facteurs de stress cumulatifs et en interaction, tels que le réchauffement, l’acidification et la destruction des habitats ;
  • • Réalisation d’observations intégrées et du partage des données, y compris l’utilisation de satellites et de plateformes d’observation fixes ou mobiles, le tout réuni dans un système commun de gestion des données et dans le Système mondial d’observation de l’océan (GOOS).

Comment la Décennie peut-elle améliorer la gestion de l’océan ?

Nous ne pouvons gérer ce que nous ne pouvons mesurer. Vous trouverez ci-dessous des pratiques de gestion de l’océan qui bénéficieront de l’amélioration des données et des connaissances issue de la Décennie de l’ONU des sciences océaniques pour le développement durable :

Gestion et adaptation des zones côtières Planification de l’espace maritime Aires marines protégées
Régulations des pêches Contributions nationales à la CCNUCC Politiques nationales de l’océan
Recherche et développement dans le domaine marin Développement régional et national des capacités Alerte précoce aux risques marins

 

Pour que la Décennie de l’ONU des sciences océaniques pour le développement durable soit un succès, un ensemble de thèmes et de programmes devront être définis sur la base de critères et d’indicateurs de progression convenus au préalable. Les différents partenariats ouvriront la voie à la mise en place de mécanismes de financement et à l’exécution des activités.

Dans le cadre du mandat conféré par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO travaille à rassembler tous les acteurs du secteur de l’océan pour élaborer un plan commun de mise en œuvre de la Décennie des sciences océaniques.

Faites-vous partie de l’un de ces groupes ?

Décideurs politiques Gestionnaire des ressources marines Scientifiques Éducateurs
Organisations de la société civile Secteur privé Jeunes militants Philanthropes

 

Vous voulez contribuer, financièrement ou d’une autre manière, aux activités de la Décennie de l’ONU des sciences océaniques ?

Vous souhaitez contribuer au processus de consultation pour la préparation de la Décennie ?

Si tel est le cas, rejoignez la COI de l’UNESCO pour participer à la conception de la Décennie des sciences océaniques et prenez part à l’avancement des sciences des 10 prochaines années !

Contactez la COI de l’UNESCO via oceandecade@unesco.org

Planifier une Décennie des sciences océaniques au service de l’action

La proclamation de la Décennie des sciences océaniques pour le développement durable par l’Assemblée générale de l’ONU marque le commencement d’un processus de consultation avec tous les acteurs de l’océan, coordonné par la COI de l’UNESCO, pour préparer un plan concerté de mise en œuvre de la Décennie.

Le plan de mise en œuvre inclura les éléments suivants :

  • Un Plan scientifique international qui définira les problématiques principales, les questions scientifiques prioritaires les plus pertinentes au développement durable (Programme à l’horizon 2030), et qui proposera les thèmes et les résultats scientifiques structurant la mise en œuvre de la Décennie. Le Plan scientifique sera fondé sur une série de consultations avec la communauté scientifique (à travers des ateliers régionaux et internationaux) qui se tiendra courant 2018-2019. Le Plan scientifique devra également définir les modalités de synthèse des résultats des activités de recherche entreprises pendant la Décennie ;
  • Une Stratégie de mise en œuvre fournissant un cadre stratégique plutôt que des procédures opérationnelles détaillées, qui tient également compte des modalités de gouvernance en termes de structure à proprement parler et de fonctions des structures de coordination (comité de pilotage, bureau international du projet, groupes de travail à établir à partir de 2021, etc.) ;
  • L’élaboration d’un Plan de développement des capacités en vue de faciliter le transfert de connaissances scientifiques à des segments plus larges de la société, ainsi qu’aux gouvernements régionaux et nationaux, et de créer des opportunités de formation et de développement des capacités à l’intention des scientifiques en début de carrière ;
  • La mise en place de mécanismes financiers ;
  • Des procédures de suivi de la mise en œuvre/compte-rendu sur la mise en œuvre de la Décennie ;
  • Des lignes directrices pour le développement de partenariats dans le cadre de la Décennie ;
  • Une Stratégie de communication ;
  • Des mécanismes de coordination des activités des organisations du système des Nations Unies et des autres organisations gouvernementales et non gouvernementales concernées ;
  • Des lignes directrices pour la mise en place au niveau national de mécanismes pour mobiliser le soutien public et faire participer les institutions nationales à la mise en œuvre des activités de la Décennie.

Ce calendrier provisoire fait état du processus préparatoire à la mise en place de la Décennie :


  
Les voix de l’océan