Construire la paix dans l’esprit
des hommes et des femmes

Lauréats du Prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la tolérance et de la non-violence

Établi en 1995, le Prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la tolérance et de la non-violence récompense des activités significatives dans le domaine scientifique, artistique, culturel ou de la communication visant la promotion d'un esprit de tolérance et de non-violence.  

Lauréats
 

2018 – Manon Barbeau (Canada) et The Coexist Initiative (Kenya)

La cinéaste canadienne Manon Barbeau, Présidente et fondatrice de Wapikoni Mobile et l’association kenyane The Coexist Initiative sont les lauréats de l’édition 2018 du Prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. Firmin Edouard Matoko, Sous-Directeur général pour la Priorité Afrique et les relations extérieures de l’UNESCO et France Marquet, Administratrice principale de la Fondation Madanjeet Singh, leur ont remis le Prix lors d’une  cérémonie officielle qui a eu lieu le 16 novembre 2018.

Pour sa onzième édition, organisée autour de la danse traditionnelle indienne présentée par l’Association Khajuri, la cérémonie s’est tenue au Siège de l'UNESCO à Paris à l'occasion de la Journée internationale de la tolérance. Dans son discours d’ouverture, Monsieur Matoko a souligné que la tolérance est « à la fois une vertu morale et un principe politique : elle réside dans la capacité à reconnaître autrui dans sa pleine dignité, et à lui reconnaître des droits équivalents aux nôtres, en vertu de son humanité ». France Marquet, quant à elle, a rappelé l’importance du travail de la Fondation Madanjeet Singh, établi au nom de son bienfaiteur Madanjeet Singh, qui fut Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, artiste, écrivain et diplomate indien..

Manon Barbeau est récompensée pour les nombreuses activités poursuivies en faveur des peuples autochtones par le biais de Wapikoni Mobile, un studio ambulant de formation et de création audiovisuelle, qui organise des ateliers pédagogiques, des projections de films et des activités de formation. Son large éventail d’initiatives a pour objectif de permettre aux jeunes autochtones de se former à la création audiovisuelle et d’assurer la promotion et la mise en lumière des cultures, des langues et des identités autochtones. La cinéaste a souligné l’importance de donner une voix à ces peuples et de reconnaître leurs droits propres.

Wanjala Wafula, fondateur de The Coexist Initiative, s’est exprimé au nom de l’ONG pour souligner la nécessité de lutter efficacement contre les violences faites aux femmes, et d’assurer la pleine reconnaissance de leurs droits. Établie au Kenya depuis 2002, l’organisation à but non lucratif est récompensée pour sa promotion de l’égalité des genres, de la justice sociale et des droits humains. Par le biais d’une approche innovante et inclusive, elle s’attaque aux pratiques culturelles et aux stéréotypes négatifs fondés sur le genre en cherchant notamment à impliquer davantage les hommes, les garçons et les leaders communautaires dans le travail de organisation.

 

2016 – Centre de recherche et de méthodologie pour la tolérance, la psychologie et l’éducation (Centre de tolérance, Fédération de Russie)

Le Centre de recherche et de méthodologie pour la tolérance, la psychologie et l’éducation (Centre de tolérance) de la Fédération de Russie est le lauréat du Prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la tolérance et de la non-violence 2016. Nada Al-Nashif, Sous-Directrice générale pour les sciences sociales et humaines, et France Marquet, Administratrice principale de la Fondation Madanjeet Singh, ont décerné le Prix lors d'une cérémonie musicale qui s'est tenue au Siège de l'UNESCO à Paris le 16 novembre 2016, à l’occasion de la Journée internationale pour la tolérance.

Le Centre de tolérance a reçu le prix en reconnaissance de son large éventail d'activités, comprenant des programmes de recherche et d'éducation qui visent à promouvoir le dialogue entre les religions et visions du monde, en mettant particulièrement l'accent sur la jeunesse.

Félicitant le Centre de tolérance d’être « une plate-forme éducative novatrice conçue pour assurer le respect de la diversité humaine, » Nada Al-Nashif a souligné que « l'éducation est un puissant vecteur pour contrer la peur et l'exclusion car elle permet de développer des capacités pour le jugement indépendant, la pensée critique et le raisonnement éthique, en sensibilisation aux droits et libertés partagés des personnes.(...) Nous devons construire des sociétés fondées sur le respect des droits de l'homme, où la peur, la méfiance et la marginalisation laissent place au pluralisme, à la participation et au respect de la diversité. La tolérance nous enseigne aussi les valeurs de l'empathie, de la réactivité et de la justice sociale - principes porteurs de transformations sociales positives. »

Recevant le Prix au nom du Centre de tolérance, Alexander Boroda, Directeur général, a souligné la pertinence de « répandre les idées de tolérance ... sur la tolérance nationale, religieuse, raciale, interclasse, liée au genre et à la politique, le respect pour les personnes handicapées, l'acceptation des personnes ayant différentes visions du monde. » Il a souligné qu’aujourd'hui le mot tolérance ne doit pas être « seulement limité à la signification de la volonté de supporter l'existence d'une communauté culturelle près de chez vous », mais la tolérance signifie aussi d’aller vers l'harmonie.

Le Centre de tolérance a mis en œuvre avec succès plus de 60 programmes éducatifs inédits sur la tolérance dans plus de 60 villes à travers la Russie, impliquant plus d'un million de jeunes. Il a obtenu un succès significatif, démontrant son efficacité dans la prévention de la xénophobie et de l'extrémisme.

Nadia Bernoussi, Présidente du Jury international, Professeur à l'École Nationale d'Administration de Rabat, a félicité le Centre de tolérance qui s'est distingué d'une multitude de candidatures remarquables grâce à ses méthodes novatrices et créatives pour favoriser le dialogue, la compréhension et l’empathie de « l’autre ». Elle a souligné que cette distinction se produit à un moment où les idéaux de tolérance et de non-violence sont niés en particulier aux plus vulnérables, et où la régression est devenu un défi universel traversant les sociétés.

France Marquet a rappelé l'illustre vie de Madanjeet Singh, bienfaiteur du Prix, de son emprisonnement pendant le mouvement d'indépendance en Inde à ses postes diplomatiques dans 17 pays, soulignant que ces expériences l'ont amené à promouvoir les valeurs de tolérance et de non-violence qu'il a professé.

Lors de la cérémonie, le public a assisté à une série d'intermèdes musicaux de Serguei Markarov, pianiste et Artiste de l'UNESCO pour la paix, et le Chœur Philharmonique International, Artiste de l'UNESCO pour la paix.

Célébrant son 20e anniversaire et sa dixième édition cette année, le Prix UNESCO-Madanjeet Singh récompense des activités significatives dans le domaine scientifique, artistique, culturel ou de la communication visant la promotion d'un esprit de tolérance et de non-violence.

 

2014 – Ibrahim Ag Idbaltanat (Mali) et Francisco Javier Estévez Valencia (Chili)

Les militants des droits de l’homme Ibrahim Ag Idbaltanat (Mali) et Francisco Javier Estévez Valencia (Chili) sont les lauréats du Prix UNESCO-Madanjeet Singh 2014 pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. La cérémonie de remise du Prix aura lieu au Siège de l’UNESCO à Paris, le 14 novembre 2014, en présence de la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova. À cette occasion, le Chœur philharmonique international, sous la direction du chef d'orchestre Amine Kouider, Artiste de l'UNESCO pour la paix, donnera un concert public gratuit pour célébrer la Journée internationale de la tolérance (le 16 novembre).

Ibrahim Ag Idbaltanat (Mali), fondateur et président de deux organisations non-gouvernementales – le Groupement des artisans ruraux d’Intadeyné (GARI) et de TEMEDT – a travaillé pendant des années à la résolution pacifique des conflits dans les régions du Nord Mali entre les populations sédentaires et nomades.

Il s’est employé à combattre les inégalités sociales et promouvoir l’éducation au sein des communautés Touaregs. Il s’est aussi appliqué à faire reculer les discriminations visant ces populations.

Francisco Javier Estévez Valencia (Chili), militant de la société civile, historien et universitaire, a commencé à défendre les droits de l’homme et la démocratie pendant la dictature d’Augusto Pinochet. Après le retour de la démocratie au Chili, il a joué un rôle important au sein de la Commission Vérité et réconciliation en tant que vice-président de la campagne citoyenne « Para créer en Chile ».

Fondateur, en 1994, de l’association Fundacíon Ideas, il s’est employé depuis lors à promouvoir les droits de l’homme, la démocratie et la paix par l’éducation et des campagnes de sensibilisation.

 

2011 – Anarkali Honaryar (Afghanistan) et Khaled Abu Awwad (Palestine) 

Anarkali Honaryar (Afghanistan) est récompensée pour son engagement et son travail insatiable pour améliorer la condition des femmes et des minorités en Afghanistan et pour promouvoir les idéaux de dignité humaine, de droits humains, de respect mutuel et de tolérance. L’aide apportée par Anarkali Honaryar aux femmes victimes de violences conjugales, de mariages forcés et de discrimination sexuelle lui a valu une reconnaissance publique. Elle s’est également fait connaître pour sa défense des droits des minorités afghanes. Après les élections parlementaires de 2010, elle est devenue la première femme non musulmane membre du Wolesi Jirga, la chambre basse du parlement afghan.

Khaled Abu Awwad (Palestine) est récompensé pour ses efforts en matière de promotion de la tolérance, de la paix et de la non-violence à travers son activité de militant pacifiste et de leader dans le processus de réconciliation entre Palestiniens et Israéliens. Actif aussi bien du côté palestinien qu’israélien, Khaled Abu Awwad est Directeur général de la branche palestinienne du Cercle des parents- Forum des familles, une organisation de Palestiniens et d’Israéliens ayant perdu des proches dans le conflit. En 2006, il a fondé Al-Tariq (La voie) – avec d’autres responsables et membres éminents du mouvement palestinien pour la paix- l’Institution palestinienne pour le développement et la démocratie, dont il a été le responsable et Directeur exécutif depuis 2006.

 

2009 – François Houtart (Belgique) et Abdul Sattar Edhi (Pakistan)

François Houtart (Belgique) a reçu le prix pour son engagement en faveur de la paix mondiale, du dialogue interculturel, des droits de l’homme et de la promotion de la tolérance, ainsi qu’en reconnaissance de ses eff orts exceptionnels pour promouvoir la justice sociale dans le monde. Il est un ardent défenseur de la coopération Nord-Sud. Il a fondé le Centre Tricontinental (CETRI), une organisation non-gouvernementale reconnue pour son travail sur les questions de développement pour la création du Conseil international du Forum social mondial. Il a consacré sa vie à la défense des droits de l’homme et apporté une contribution significative au dialogue interreligieux et interculturel. Sociologue reconnu des religions et de théologie, il a écrit de nombreuses publications et donné des conférences dans plus de 100 universités du monde entier.

Abdul Sattar Edhi (Pakistan) a reçu le prix pour ses efforts déployés tout au long de sa vie afin d’améliorer les conditions de vie des plus défavorisés au Pakistan et en Asie du Sud, de promouvoir les idéaux de la dignité humaine, des droits de l’homme, du respect mutuel et de la tolérance. Il est l’un des philanthropes les plus actifs du Pakistan. Il a créé en 1957 la Fondation Edhi, une organisation d’aide sociale à but non lucratif qui compte plus de 300 centres répartis dans tout le pays. Elle fournit aux nécessiteux des soins médicaux, des services de planification familiale, d’assistance d’urgence et d’éducation. La Fondation possède entre autres des maternités, des hôpitaux psychiatriques, des foyers pour les personnes handicapées, des banques de sang et des orphelinats. Elle s’étend dans plusieurs autres pays (Afghanistan, Bangladesh, Ethiopie, etc.) et vient en aide aux réfugiés et aux victimes de conflits et de catastrophes naturelles. Abdul Sattar Edhi, s’est fait connaître par ses prises de position actives contre l’extrémisme, son engagement envers les droits de l’homme et par son action humanitaire.

 

2006 – 2006 Veerasingham Anandasangaree, président du Front Uni de Libération Tamoule (FULT) au Sri Lanka

Infatigable défenseur de la démocratie et de la résolution pacifique des conflits, Veerasingham Anandasangaree a contribué à mieux faire connaître, dans un esprit de dialogue, la cause des Tamouls, en tentant de promouvoir des solutions non-violentes au Sri Lanka, et en s’élevant contre le terrorisme.

 

2004 – Taslima Nasreen, l’écrivain du Bangladesh

 

2002 – Aung San Suu Kyi du Myanmar

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2000 – Le Pape Shenouda III, de l’Eglise Copte Grecque Orthodoxe d’Égypte

 

1998 – Narayan Desai, l’éducateur et activiste indien de la paix et Le « Comité d’Action pour le droit des peuples » du Pakistan

 

1996 – Collectif des 32 femmes de l’organisation non-gouvernementale rwandaise « Pro-femmes Twese Hamwe »

 

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