Construire la paix dans l’esprit
des hommes et des femmes

L'engagement de l'UNESCO en faveur de la biodiversité

Savoirs locaux, autochtones et scientifiques

Tirer parti des données existantes dans les domaines des sciences exactes et sociales, des nouvelles technologies, ainsi que des connaissances autochtones et locales peut nous renseigner sur les facteurs de l’appauvrissement de la biodiversité et les méthodes efficaces pour parvenir à une restauration de la biodiversité, à une amélioration de sa résilience et à un changement des comportements. Néanmoins, malgré la disponibilité de connaissances suffisantes pour mettre fin à l’érosion de la biodiversité, il manque encore des connaissances et des données concernant l’évolution de nombreux écosystèmes et espèces et les facteurs qui la sous-tendent. Les efforts déployés pour collecter des données précises permettant d’élaborer des scénarios et des modèles se heurtent à de nombreux obstacles, dont des capacités insuffisantes. On peut citer les capacités scientifiques inégales entre les pays, la non-disponibilité d’experts qualifiés et le manque de financements, les préjugés sexistes, l’absence de collaboration entre les disciplines, une compréhension insuffisante du type d’informations à collecter pour faciliter la prise de décisions adéquates, et des faiblesses dans le partage de données entre les institutions et les pays. 

  • Il est nécessaire de mener des recherches interdisciplinaires et de mettre en commun les données pour améliorer la compréhension du déclin de la biodiversité et trouver des solutions politiques qui tiennent compte des données scientifiques et sociologiques, des paradigmes économiques et des normes culturelles.
  • En général, il n’y a pas de données de suivi pour la plupart des espèces et habitats marins. En outre, la façon dont la biodiversité contribue aux services écosystémiques, notamment dans les systèmes marins, n’est pas suffisamment comprise. 
  • Les capacités scientifiques sont plus ou moins développées selon les pays. Cela influe considérablement sur la possibilité pour les décideurs d’obtenir des orientations et des données précises concernant les risques et possibilités relatifs à la biodiversité. 
  • Adopter une approche fondée sur les meilleures connaissances disponibles peut aider à compenser les lacunes en se basant sur des systèmes de savoirs complémentaires, notamment les sciences citoyennes, de nouveaux outils technologiques, et la mobilisation de savoirs autochtones et locaux.

 

Rôle de l’UNESCO pour combler le manque de connaissances

 

La COI et la biodiversité océanique 

Les océans de la planète demeurent l’un des écosystèmes parmi les plus importants mais les moins compris sur Terre. En 1961, la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO a créé le programme Échange international des données et de l’information océanographiques (IODE) pour « promouvoir la recherche marine ainsi que l’exploitation et le développement du milieu marin en favorisant l’échange de données et d’informations océanographiques ». L’IODE s’appuie sur les données relatives à la biodiversité du Système d’informations biogéographiques relatives aux océans (OBIS). Disposant de plus de 50 millions d’observations d’espèces fournies par plus de 600 institutions à travers le monde, l’OBIS est devenu la base de données la plus complète au monde sur la diversité, la répartition et l’abondance de la faune et de la flore océaniques. En outre, le Système favorise divers processus internationaux tels que l’identification des zones marines d’importance écologique ou biologique au titre de la Convention sur la diversité biologique. 

 

Travailler avec les savoirs autochtones et locaux 

Les populations autochtones et locales sont souvent bien placées pour observer et comprendre les écosystèmes locaux. De ce fait, les systèmes de savoir autochtones, traditionnels et locaux constituent l’un des plus grands ensembles de connaissances humaines sur la biodiversité et les écosystèmes. Toutefois, ces systèmes de savoirs sont rarement reconnus en tant que ressources permettant de comprendre, de surveiller et de gérer la biodiversité. Le Programme LINKS s’efforce d’accroître la reconnaissance et l’utilisation des savoirs autochtones dans le cadre des évaluations de la biodiversité. Cela inclut l’élaboration d’une série de rapports sur les savoirs autochtones et locaux qui visent à combler les lacunes des évaluations régionales de l’IPBES et de l’évaluation sur les pollinisateurs. 

 

La science participative : Sandwatch 

Pendant plus de 18 ans, la Section des petites îles et des savoirs autochtones de l’UNESCO a coopéré avec des gouvernements nationaux, des organisations non gouvernementales, des écoles et des bureaux régionaux pour mettre en place le système Sandwatch de surveillance des côtes dans les petits États insulaires en développement (PEID) et d’autres pays côtiers. Étant donné que de nombreux pays disposent d’un nombre réduit de chercheurs scientifiques ou de capacités scientifiques limitées, Sandwatch joue un rôle clé pour remédier à ces insuffisances par la promotion de systèmes de connaissances supplémentaires et complémentaires incluant les observations effectuées par les citoyens, les données qu’ils collectent, l’utilisation participative des systèmes d’information géographique et des instruments des sciences citoyennes. 

 

Système d’information sur l’état de conservation (SOC) du patrimoine mondial

Le Système d’information sur l’état de conservation (SOC) du patrimoine mondial est l’un des systèmes de suivi des données parmi les plus complets des conventions internationales. Depuis 1979, le processus de suivi réactif de la Convention a donné lieu à l’élaboration de 3 627 rapports sur l’état de conservation de 566 biens du patrimoine mondial répartis dans 144 États parties. Cet outil en ligne permet d’évaluer l’état de conservation du patrimoine mondial et d’effectuer des analyses approfondies des menaces pour identifier une éventuelle évolution au fil du temps.