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des hommes et des femmes

L'UNESCO et la Déclaration universelle des droits de l'homme

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© UN Photo / Mrs. Eleanor Roosevelt of the United States holding a Declaration of Human Rights poster in English

Lorsque, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'UNESCO fut créée dans le sillage de la Commission internationale de coopération intellectuelle, cette création reposait sur la conviction que la solidarité intellectuelle et morale de l'humanité, ainsi que le respect de la justice et des droits de l'homme étaient essentiels pour une paix durable.

L’article premier de la Constitution de l’Organisation stipule que son objectif premier est de contribuer « au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».

La place centrale des valeurs universelles des droits de l'homme dans le mandat de l'UNESCO explique son engagement précoce en faveur de l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

En 1947, l'UNESCO a créé un comité sur les fondements théoriques des droits de l'homme, composé d’intellectuels, de philosophes et de politologues de premier plan. Le but du Comité était d'étudier les fondements philosophiques des droits de l'homme afin de mettre en évidence les convergences entre diverses cultures et écoles de pensée pour ainsi faciliter la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Un questionnaire avait été envoyé à des politiciens et des universitaires, tels que Mohandas Gandhi ou Aldous Huxley, pour connaître leur opinion sur l'idée d’une telle Déclaration. L'une des principales conclusions du rapport qui en a résulté était que, malgré les différences culturelles, les États Membres de l'Organisation des Nations Unies partageaient un engagement commun en faveur du « droit de vivre à l'abri de la peur obsédante de la pauvreté et de l'insécurité ».

L'UNESCO a été la première institution des Nations Unies à reconnaître par une résolution spéciale, immédiatement après l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme le 10 décembre 1948, que cette dernière a des implications évidentes dans tous les domaines d'activité de l'Organisation - éducation, sciences naturelles, sciences sociales et humaines, culture, communication et information. Dans le même temps, elle s'est engagée à faire connaître la Déclaration universelle aussi largement que possible au moyen de programmes de communication de masse et de matériels pédagogiques dans les écoles, et à l'intégrer dans les programmes pertinents de l'UNESCO.

Des droits pour tous, partout dans le monde

Au sein du système des Nations Unies, cinq droits spécifiques relèvent de la compétence directe de l'UNESCO :

  • Droit à l'éducation - Article 26
    L'éducation est au cœur de la mission de l'UNESCO et des ODD. C'est un droit qui permet aux enfants et aux adultes de sortir de la pauvreté et de participer pleinement à la société.
    Le droit à l'éducation stipule que l'enseignement primaire doit être gratuit et obligatoire. En faisant progresser les articles de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH), les programmes scolaires devraient renforcer le respect des droits et des libertés fondamentales.
    En tant que principe fondamental qui sous-tend l'Agenda pour le développement durable de 2030 et l’ODD 4, le droit à l'éducation est reconnu comme un outil essentiel pour promouvoir l'inclusion ainsi que le développement économique, social et culturel.
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  • Droit de participer à la vie culturelle - Article 27
    L'accès à la culture et la possibilité d'en profiter sans crainte de répercussions sont des conditions nécessaires pour garantir le droit de participer à la vie culturelle.
    La vie culturelle se manifeste dans la communication quotidienne, l'expression et les traditions. Les minorités linguistiques et religieuses ne devraient pas être privées de leur droit d'embrasser les dimensions de la vie culturelle pour quelque raison que ce soit.
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  • Droit de bénéficier du progrès scientifique - Article 27
    Le droit de participer au progrès scientifique et à ses bienfaits commence par un apprentissage inclusif qui encourage la participation à la production de la recherche scientifique.
    Ceux qui vivent dans des communautés marginalisées devraient être encouragés à s'engager dans le progrès scientifique qui est bénéfique à la fois pour leur communauté et pour le grand public. Pour que chacun puisse bénéficier du progrès scientifique, l'information doit être partagée librement et les innovations doivent pouvoir se diffuser sans entrave dans les sociétés.
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    Voir aussi : Recommandation de l'UNESCO concernant la science et les chercheurs scientifiques
     
  • Droit à la liberté d'opinion et d'expression - Article 19
    Le droit de communiquer est un droit humain fondamental qui sous-tend l'essence même de la démocratie, et c'est un facteur clé dans la réalisation d'autres droits. Il est interdit aux États de restreindre la liberté d'expression et de croyance et ils ont l'obligation de protéger le droit à la liberté d'opinion et d'expression.
    Elle « implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».
    Au cours des dix dernières années, au moins 827 journalistes ont été tués. Ce nombre montre l'ampleur du risque lié à l'expression d'opinions et à la diffusion de l'information.
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  • Droit à l'eau et à l'assainissement
    Le droit à l'eau potable et à l'assainissement est essentiel à la pleine jouissance de la vie. En 2010, l'Assemblée générale des Nations Unies a officiellement reconnu le droit à l'eau potable et à l'assainissement comme un droit humain.
    L'Assemblée s'est déclarée profondément préoccupée par les 884 millions de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable et par les plus de 2,6 milliards de personnes qui n'ont pas accès à un assainissement de base, soit 40% de la population mondiale. Le manque d'accès à l'eau tue chaque année plus d'enfants que le SIDA, le paludisme et la rougeole réunis.
    Pour faire face aux grandes crises humaines et environnementales, l'UNESCO considère l'accès à l'eau et à l'assainissement « comme une condition préalable à la réalisation de plusieurs autres droits de l'homme, tels que les droits à la vie, à la dignité, à la santé, à l'alimentation, à un niveau de vie suffisant et à l'éducation ».
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Voir également : Journée des droits de l’homme, le 10 décembre