La Mulâtresse Solitude

Solitude incarne toutes les femmes et les mères des Caraïbes qui se sont battues pour la liberté et l’égalité dans le contexte du système esclavagiste.

Biographie

Née vers 1780, la Mulâtresse Solitude est l’une des figures historiques des rébellions de 1802 contre le rétablissement de l'autorité de Lacrosse, capitaine-général de la Guadeloupe nommé par Napoléon Bonaparte, qui avait été expulsé en octobre 1801 à la suite d’un putsch des officiers de couleur de l'armée.

En 1802, huit ans après la première abolition de l’esclavage, Napoléon Bonaparte envoie le général Antoine Richepance en Guadeloupe.

A la tête de 3 500 hommes, celui-ci a reçu pour mission de rétablir Lacrosse dans sa fonction de capitaine-général, de désarmer tous les soldats de couleur, de déporter les officiers rebelles et de rétablir la discipline chez les anciens esclaves. Dès son arrivée, il ordonne le désarmement des soldats de couleur et les conduit à bord de ses navires.

Le peu que l’on sait d’elle provient de l’ouvrage Histoire de la Guadeloupe d’Auguste Lacour (1805-1869).

Illustration de Yann Degruel

Dès lors, une rébellion orchestrée par le chef de bataillon (commandant) Joseph Ignace et les capitaines Palerme et Massoteau s’organise.

Leur compagnon de lutte, Louis Delgrès, natif de Saint-Pierre en Martinique, chef de bataillon et commandant l'arrondissement de Basse-Terre, lance l’appel du 10 mai 1802 intitulé

« A l’univers entier, Le dernier cri de l’innocence et du désespoir ».

La Mulâtresse Solitude, enceinte de quelques mois, rejoint ce combat contre les troupes de Richepance.

Après 18 jours d'un combat inégal (plus de 4 000 soldats du côté de Richepance et environ 1 000 soldats réguliers du côté des rebelles), c’est la défaite. Ignace, sur le point d'être fait prisonnier, se donne la mort, tandis que Delgrès et ses troupes font exploser la maison Danglemont du Matouba, dans laquelle ils se sont retranchés. Solitude est faite prisonnière vers le 23 mai 1802, lors de la prise du camp de Palerme à Dolé.

Elle est condamnée à mort et suppliciée le 29 novembre de la même année, le lendemain de son accouchement.

Figure féminine des insurgés de 1802 en Guadeloupe, la Mulâtresse Solitude incarne les femmes et les mères des Caraïbes qui se sont battues en faveur de la défense des idées de liberté et d’égalité dans le contexte du système esclavagiste.



« Etre supplicié » signifie recevoir un supplice qui peut aller du fouet au carcan et jusqu'à la mort.