Yennega

Figure emblématique du Burkina Faso, Yennega est la mère d’Ouédraogo, fondateur des dynasties des chefs moose. Elle aurait vécu entre le 14e et le 15e siècle. Personnage légendaire de l’Afrique de l’Ouest, Yennega représente une guerrière, une femme libre et indépendante d’esprit.

Dossier Pédagogique

Yennega

Guerrière, femme libre et emblème culturel

Introduction

Yennega, souvent représentée à cheval, dirigeant d’une main ferme sa monture, est un emblème culturel au Burkina Faso, en Afrique de l’Ouest et au-delà. Elle incarne la combativité, la force de caractère et l’indépendance d’esprit. A ce titre, elle offre une image forte et positive pour les femmes dans leur lutte pour faire entendre leurs aspirations.

Femme du Burkina Faso. Photographie d'Eric Montfort, 2012

La geste d’une femme libre

D’après certaines traditions orales, la geste de Yennega est le récit fondateur de l’histoire des Moose.

Yennega s’enfuit de Gambaga, furieuse contre son père qui refuse de lui trouver un mari. Elle s’unit à un étranger, ce qui témoigne d’une grande indépendance d’esprit et d’une volonté farouche de poursuivre ses aspirations propres. De cet acte libre et positif naîtra un fils, Ouédraogo, premier d’une nouvelle lignée de chefs.La geste de Yennega changera le cours de l’histoire en apportant une coupure radicale avec l’ancien modèle de chefferie. Son action d’éclat aboutira à l’émergence du premier chef moaga, personnage de premier plan dans l’histoire des Moose.

Un emblème culturel, une source d’inspiration

Le personnage de Yennega inspire des ONG internationales, qui portent son nom, des associations sportives (Association sportive Faso-Yennenga, Ouagadougou) et les plus hautes institutions culturelles. A titre d’exemple, le trophée du FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou), intitulé l’Etalon d’or de Yennega, représente une guerrière, lance à la main, juchée sur son cheval. En choisissant ce personnage comme trophée, le festival l’érige comme emblème culturel de l’identité panafricaine.



Affiche de l'édition 2011 du FESPACO.

Aujourd’hui, l’histoire de Yennega continue d’être transmise à travers la tradition orale (récits fondateurs, chroniques dynastiques, etc.), mais aussi à travers des livres pour enfants, des pièces de théâtre (par ex. Naba Ouédraogo de Kolin Noaga, 1979) et des films (voir rubrique Ressources).

Yennega, la cavalière et chef de guerre

La tradition orale présente Yennega comme une cavalière hors pair et une chef intrépide. Elle prouve que les femmes ont pu exercer des fonctions militaires de haut niveau dans certaines sociétés africaines.

Dans ces chefferies de conquérants, dont la cavalerie était le fer de lance, Yennega est en effet dépeinte dans la tradition comme l’un des piliers de l’armée de son père. Elle dirigeait les hommes et menait ses troupes à la victoire.

Statue de Yennega, Burkina Faso. Photographie de Brenda Gael McSweeney, 2009.